À la une, Actualités - décembre 20, 2019 2:24

Du théâtre pour combattre le dopage – Reportage de BeInSport

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Présidente de l’AFLD (agence française de lutte contre le dopage), madame Dominique Laurent a participé à la masterclass Ethic’action au comedy club. Elle a gentiment accepté de revenir pour nous sur cette journée et sur l’importance de faire de la prévention auprès de la jeunesse. 


Madame Laurent, vous avez participé à la Masterclass Ethic’Action avec l’UNSS au Comedy Club. Quel fut votre sentiment sur cette Masterclass ?

Cette masterclass a été remarquable. Elle part d’une pièce de théâtre très bien jouée, avec émotion et humour, qui décrit l’histoire dramatique d’une athlète qui en vient à se doper. Le scénario, très instructif, met l’accent sur les situations qui placent les sportifs en risque de prendre des produits dopants : à ce titre le rôle de l’entourage (famille, entraineur, autres sportifs) et la psychologie de l’athlète dérivant progressivement étaient très bien soulignés.

Enfin, l’interaction avec les élèves spectateurs dans la salle, sous la très conviviale animation d’un éducateur, a eu une très forte portée pédagogique: les jeunes sportifs collégiens ont été invités sur scène à refaire eux-mêmes les différentes scènes de la pièce dans lesquelles l’athlète glissait petit à petit vers la prise de produits dopants. Il leur était demandé de corriger la scène de manière à inverser le cheminement de l’athlète vers le dopage : ils ont ainsi pu, en direct, exprimer ce qu’ils avaient compris des tentations et des écueils du dopage.

C’est une très belle réussite à faire et refaire pour toucher le plus d’élèves possible.

 

L’AFLD, aux côtés de l’UNSS, est-ce le meilleur moyen de faire de la prévention auprès des plus jeunes ?

L’AFLD a pour mission d’éduquer et de prévenir les risques de dopage auprès des sportifs de haut niveau, des jeunes sportifs et de sensibiliser leur entourage. Elle porte ses efforts sur le haut niveau en vertu des exigences de l’AMA et du code mondial antidopage.

Pour autant, elle poursuit également une mission de service public, de diffusion des valeurs humanistes du sport que sont la santé, l’équité et l’intégrité et à ce titre peut être amenée à soutenir des actions à destination des jeunes mais également de l’opinion publique.

 

La France semble en avance sur de nombreux pays concernant la lutte contre le dopage. N’est-ce qu’une impression ou une réalité sur le terrain ?

La France fait partie des premiers pays à avoir adopté des lois afin de lutter contre le dopage et de protéger la santé des sportifs. Avec la naissance de l’AMA et les objectifs d’harmonisation des pratiques antidopage à travers le monde, la France a dû se mettre en conformité avec les exigences internationales. 

Ce gage de qualité s’exprime à travers l’investissement de l’AFLD sur trois domaines incontournables de la lutte contre le dopage : la prévention et l’éducation avec la création d’un département dédié et du comité des sportifs de l’AFLD, la relocalisation du laboratoire antidopage dans un campus universitaire d’excellence, et le renforcement de la lutte antidopage par les enquêtes et le renseignement avec là encore la création d’un nouveau département. 

Avec l’attribution des JOP à Paris en 2024, et l’attribution par l’AMA à la France de l’organisation de la conférence mondiale sur l’éducation, l’AFLD mise sur la diffusion d’une véritable culture du sport propre et de la santé après de tous : sportifs, enfants, parents, médias etc.

 

Que faudrait-il, selon vous, pour permettre une meilleure prévention afin d’éviter toutes les dérives liées au dopage ?

 

Pour éviter toutes les dérives liées au dopage, je pense sincèrement que toutes les parties prenantes doivent être impliquées dans la poursuite de cet objectif : du ministère des sports et du ministère de l’éducation nationale, en passant par les fédérations jusqu’aux dirigeants de clubs, les enseignants ou encore les parents. Il faut s’y prendre dès le plus jeune âge afin de donner tant aux futurs champions de demain qu’aux pratiquants d’activités physiques et sportifs, des bagages solides et suffisants : respecter son corps et celui des autres, respecter sa santé, respecter la règle, le fairplay et l’équité.

 

L’AFLD vient de signer une convention avec l’UNSS. Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste cette convention ?

 

Cette convention de partenariat a pour but de renforcer la diffusion des valeurs du sport propre auprès des différents publics de l’UNSS. L’UNSS bénéficie d’un réseau d’acteurs et d’un maillage territorial important qui permet de toucher à la fois les scolaires et le personnel pédagogique sportif et éducatif. Les actions phares de ce partenariat porteront sur la formation de ces publics avec un accent porté sur les « jeunes officiels » et sur la création d’un prix éthique qui récompensera les projets en lien avec l’antidopage. L’AFLD pourra également soutenir certaines actions de sensibilisation et de prévention pendant les compétitions sportives portées par l’UNSS. 

 

LIENS : 

AFLD

Convention entre l’AFLD et l’UNSS