Actualités - septembre 20, 2018 9:00

Prévention, sport et santé avec l’UNSS

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Président du département prévention de Adicare (Institut du Coeur), ambassadeur santé de l’UNSS, le Docteur Christian Recchia fait lui-aussi sa rentrée avec la fédération sportive scolaire. Pour ce premier article de la saison, il pose un regard inquiétant sur cette génération « millenial ».

 

Le niveau d’activité physique décroît parmi les jeunes partout dans le monde, en particulier dans les zones urbaines défavorisées. Les enfants sont de moins en moins nombreux à aller à l’école à pied ou en vélo et ils passent de plus en plus de temps inactifs devant un écran. Une tendance à la sédentarité qui, contrairement aux idées reçues, commence bien avant l’adolescence. En effet, chez les enfants nés depuis les années 2000, dite génération « millennial », le niveau d’activité physique tend à s’infléchir dès l’âge de 7 ans, comme le révèle une étude publiée en 2017 par la revue British Journal of Sports Medicine1. Cette cohorte d’enfants fait partie de la génération portable, tablette, jeux vidéo et réseaux sociaux. Les résultats sont sans appel : le volume total de l’activité physique s’effondre progressivement dès l’âge de 7 ans chez plus de 60% des enfants.

 

Rappelons par ailleurs que selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), environ un enfant sur trois âgé de 6 à 9 ans était obèse ou en surcharge pondérale en Europe en 20102.

 

En 40 ans, les enfants entre 9 et 16 ans ont perdu 25 % de leur capacité physique. Ils courent moins vite et moins longtemps : en 1971, un enfant courait 800 mètres en 3 minutes ; il lui faut presque 4 minutes en 2013 pour cette même distance.

 

C’est au moment de l’enfance et de l’adolescence que se forge notre capital santé. À la sortie de l’adolescence correspond le maximum des capacités cardio-respiratoires. Après un plateau entre 20 et 35 ans celles-ci ne vont que diminuer, lentement si on poursuit la pratique d’une activité physique mais rapidement si on est sédentaire.

 

En association avec les habitudes alimentaires, la pratique d’une activité physique régulière est en effet un déterminant essentiel et incontournable de notre état de santé. Il est aujourd’hui établi qu’elle agit favorablement sur plusieurs aspects de la santé physique et biologique, sur la composition corporelle et la prévention de maladies chroniques. Elle a aussi un effet bénéfique d’un point de vue psychologique et social :

– Le sport répare, améliore le fonctionnement de l’organisme et régénère les cellules. Il permet de renforcer son système immunitaire et de lutter contre les maladies,

– Il favorise le développement thoracique, améliore la circulation de l’oxygène dans les poumons et l’oxygénation des muscles impliqués dans l’exercice,

– Il améliore l’espérance de vie dans de bonnes conditions en améliorant les fonctions neurologiques, osseuses et cardio-vasculaires tout au long de la vie,

– Il permet d’assurer une bonne croissance,

– Il améliore les fonctions neurologiques,

– Il améliore la qualité du sommeil,

– Il permet également d’améliorer la confiance en soi et de nouer de nouvelles relations sociales,

– Enfin, la pratique d’un sport dès l’enfance instaure par ailleurs des habitudes de vie saines et bénéfiques qui se prolongeront jusqu’à l’âge adulte.

 

La santé et l’activité physique sont pourtant des sujets qui échappent de plus en plus aux enfants et aux adolescents. Les constats sont inquiétants et les risques épidémiologiques sont sérieux. Il est urgent de trouver les moyens de sensibiliser les jeunes à ces questions afin de lutter contre la sédentarité et rendre un maximum de jeunes, acteurs de leur santé. Les mesures individuelles à prendre pour construire ce capital santé ne réclament pas d’efforts surhumains. Il s’agit simplement de pratiquer une activité physique régulière comme faire du vélo, jouer au ballon, aller à l’école à pied ou en trottinette… Il suffit que

les enfants pratiquent une activité physique pendant 60 minutes tous les jours.

 

L’Union Nationale du Sport Scolaire, fédération sportive du ministère de l’Éducation Nationale, animée par les 35 000 enseignants d’éducation physique et sportive dans tous les collèges et lycées de France a dans ce cadre un rôle primordial à jouer. L’UNSS représente plus d’un million de licenciés dans les 9 500 associations sportives de chaque établissement scolaire. Elle organise 250 000 manifestations autour de 100 sports différents encadrés par 180 directeurs départementaux et régionaux de l’UNSS sur l’ensemble du territoire. Les réflexions de l’UNSS concernant « l’épidémie de sédentarité » existant en France et dans le Monde l’ont amené à créer une commission prévention sport et santé dont l’ambition est de créer un vaste PROGRAMME PRÉVENTION SPORT SANTÉ ayant pour objectif de sensibiliser le public aux bienfaits de la pratique du sport sur la santé.

 

Cette ambition doit se déployer en une génération : 10 ans afin que ces messages soient assimilés et transmis d’aujourd’hui aux Jeux Olympiques de Los Angeles de 2028 en passant évidemment par ceux de Paris en 2024.

 

1 British Journal Of Sports Medicine, https://bjsm.bmj.com

2 Bulletin de l’Organisation mondiale de la Santé, août 2013; 91: 549-550