Actualités - janvier 17, 2020 11:07

Nathalie Costantini : « Deux mots clés à l’UNSS : rencontre et plaisir »

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Alors que se profilent les finales nationales du cross MGEN UNSS à Reims les 24 et 25 janvier prochains, madame la directrice Nathalie Costantini nous rappelle l’importance de la discipline au sein de la fédération scolaire. Coup de projecteur aussi sur l’année à venir avec les Gymnasiades 2022 en ligne de mire…

Les finales nationales du cross MGEN UNSS vont bientôt avoir lieu. Quel regard portez-vous sur cette activité au sein de la fédération scolaire ?

Le cross est la pratique qui draine le plus de monde possible afin d’inscrire les collégiens et les lycéens dans une première pratique sportive en dehors des cours classiques d’EPS. On voit bien que par ces pratiques, on arrive, à la fois, à avoir le côté dépassement, effort sur soi mais aussi des rencontres avec les autres ainsi que la possibilité d’être dans un environnement différent de celui que l’on connaît au quotidien. Même si, et c’est cela qui se veut intéressant, de plus en plus, les cross de district ont été précédés de cross de collège. On sent donc une réelle dynamique qui intègre des plus jeunes, des anciens qui reviennent, des adultes, autres que les seuls professeurs d’éducation physiques. C’est bien le reflet de deux mots clés de l’UNSS : rencontre et plaisir.

Le cross apparaît aujourd’hui comme l’ADN de l’UNSS. Partagez-vous cet avis ?

Quand on évoque les sports de base, la course en fait toujours partie. Il est donc fort logique que le cross prenne cette place dans notre calendrier. L’ensemble des établissements scolaires devient le fleuron du sport scolaire lors de cette période de cross. De plus, cette activité démarre réellement l’année. Cela permet de rassembler et de donner envie aux élèves de continuer sur d’autres pratiques. On est bien en lien avec la notion de multi-activités. Une fois qu’on a vécu ce moment de cross avec du partage, des déplacements qui changent du trajet classique de chaque élève, on se rend compte de l’importance de l’évènement.

Le 24-25 janvier prochains auront lieu les finales nationales du cross MGEN UNSS à Reims. Quelles sont vos attentes autour de ce moment ?

On attend toujours que ce type d’évènement soit géré avec le plus grand professionnalisme. A ce titre, je fais totalement confiance à l’ensemble de mes équipes pour agir de cette manière car il est important de montrer une belle image du sport scolaire qui n’est pas toujours valorisé comme il devrait l’être. On craint parfois une concurrence des clubs mais je pense qu’il est important de montrer que le sport scolaire est une première marche vers quelque chose. La deuxième chose est éthique. En faisant les compétitions, on se rend compte que tout doit être mis en œuvre pour éviter toute contestation à l’arrivée. Tout être mis en place dans le respect en faisant les efforts le plus important dans le respect de soi et de l’environnement. A ce titre, le cross national de cette année sera éco-responsable. L’UNSS s’engage sur cette dimension en faisant le pari de faire comprendre aux jeunes, déjà enclins à réfléchir sur cette dimension d’éco-responsabilité, de l’importance du sujet et faire comprendre la réflexion de l’ONU sur les compensations. Ce n’est pas uniquement la question de ne pas mettre de plastiques au sol, c’est de faire comprendre aux élèves que tout déplacement doit être analysé et étudié. Un autre aspect du cross est la santé, une réflexion sur soi. Le cross peut être la santé, mais ne pas l’être aussi si nous n’avons pas des pratiques éthiques. Il y aura tout un village, comme à Bordeaux, où la dimension santé, dopage, alimentation, cardiologie sera mise en avant pour comprendre la problématique du sport et de la santé. Ce moment avec 3000 jeunes, qui va être marquant, va nous offrir des moments auxquels on ne s’attend pas et qui vont nous faire réfléchir et nous engager dans un futur. L’UNSS, labélisée terre de Jeux, et puisque la ville de Reims va aussi l’être, nous sommes là pour montrer comment l’UNSS est capable d’être une activation éducative auprès de la jeunesse pour les Jeux de Paris 2024. Enfin, pour la première année, il va y avoir plus de 40 équipes en sport partagé. Une étape marquante dans la prise en compte du handicap. L’an passé, il n’y avait que 10 équipes à Bordeaux, cela montre bien que l’on va devoir travailler de manière différente. Le sport partagé, c’est une manière de faire mais nous avons besoin de nous développer en sport adapté et en handisport.

Après le cross national MGEN, que nous réserve l’année à l’UNSS ?

Au niveau des évènements, 2020 sera forcément différente des autres années car nous avons obtenu l’attribution des Gymnasiades pour 2022 (NDLR : en Normandie). Nous allons considérer que tout ce qui sera fait, cette année jusqu’en 2022, seront des évènements phares pour pouvoir mieux faire comprendre et communiquer sur le sport scolaire, mais aussi, montrer comment toutes ces activations du quotidien sont capables de nous conduire vers une organisation qui sera un préambule aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Nous avions construit le dossier Normandie 2022 en tenant compte des JOP de Paris. Les Gymnasiades offriront pour la première fois un même espace à des jeunes en situation de handicap et des jeunes valides. Là encore, un moyen pour le sport scolaire de montrer qu’il peut être expérimental pour permettre à d’autres évènements de s’inspirer de ce qui a été fait et notamment au niveau fédéral.

Vous parliez précédemment du besoin de valoriser le sport scolaire. Le regard change, mais que faudrait-il faire selon vous pour franchir un nouveau palier ?

Les gens sont surtout focalisés sur de l’évènementiel. Forcément avoir un évènement comme les Gymnasiades en 2022, cela va nous aider à continuer à valoriser le sport scolaire. En revanche, nous devons rester très vigilant à ne pas considérer que l’évènement en lui-même sera suffisant pour faire les choses dans la durée. Le communiqué des Jeux Olympiques parle d’héritage, je crois que l’on doit s’inscrire dans cette dynamique. Si nous ne sommes pas capables de montrer que c’est chaque mercredi, dans chaque établissement, dans chaque territoire, 130 services qui agissent pour réaliser ça, alors on ne comprendra pas l’exploit qui sera celui du sport scolaire à réaliser un évènement comme les Gymnasiades. En prenant une métaphore, je dirais que l’UNSS réalise un triple saut. On prend appel sur tout ce que l’on fait au quotidien, le premier bond, ce sont les Gymnasiades et la réception après coup où il faudra encore de l’énergie, ce sont les Jeux de Paris 2024 pour la jeunesse. Pour pouvoir réaliser tout ça, s’il n’y a pas au milieu toutes les activations, toutes les énergies que nous avons sur notre territoire qui ne sont pas transmises, transformées, et bien, nous ne serons pas capables de faire ces trois ponts jusqu’à Paris 2024.

Outre les compétitions sportives, telles que les championnats de France, y a-t-il d’autres aspects importants pour l’année à venir ?

Effectivement, il y a toute la dimension évènementielle et promotionnelle. Toutes les nouvelles conventions que nous signons avec des fédérations, qui ne sont pas forcément très visibles, sont là aussi pour montrer comment nous pouvons faire la promotion de ces fédérations. Cela montre aussi aux jeunes des expériences multiples afin de faire leur propre choix. De la même manière, on a un très beau projet pour 2021 autour du savoir nager. Je me suis engagé à faire en sorte que le sport scolaire puisse aussi participer de l’accompagnement vers le savoir nager. Dans ce cadre, nous construisons un gros projet où des jeunes qui ont appris à nager sur le temps de l’UNSS vont pouvoir bénéficier de 5 jours pour faire des activités aquatiques. Ce projet important est en train de se finaliser avec la fédération subaquatique, la fédération de surf, la fédération d’aviron. Tout un tas d’activités aquatiques qui sont un deuxième écho au savoir nager. Toute cette dimension promotionnelle, c’est quelque chose sur lequel on va essayer de rééquilibrer les choses. Nous avons 128 championnats de France et il est important de développer des projets multi-activités à côté. On va aussi avoir une réflexion sur le sport scolaire dans les lycées, notamment professionnels. Par ailleurs, on poursuivra le développement du Prix Ethic, de la Lycéenne en l’amenant sur des territoires plus nombreux. Enfin, la semaine prochaine, nous aurons le séminaire des cadres de l’UNSS pour pouvoir travailler sur les règlements sportifs et l’évolution des propositions de modalités de pratique au sein du sport scolaire pour être plus à l’écoute de la demande des jeunes. Le dernier point, c’est une réflexion autour des parcours professionnels, pas forcément liés au sport. Il faut que l’on arrive à mieux mettre en évidence la capacité du sport à être un moyen au service d’autre chose.

Nous sommes encore en période de vœux. Si vous aviez un message à envoyer à toutes vos équipes, lequel serait-il ?

Le sport scolaire est un magnifique outil dont il faut que nous arrivions à mieux faire la communication pour valoriser les engagements de chacun. On continue tous ensemble car nous avons un outil merveilleux et il faut continuer d’en parler.

 

LIENS :

Retour sur le cross 2019 : https://unss.org/retour-sur-le-cross-2019/

Interview de Roland Berthilier, président de la MGEN : https://unss.org/roland-berthilier-notre-engagement-est-celui-de-la-vie-scolaire-dans-son-ensemble/

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