À la une - octobre 20, 2017 12:33

Nadège Coulet : «Joindre ma passion du sport à la communication »

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A l’occasion des rencontres de l’Etudiant lors du salon sur les formations et métiers du sport, des loisirs, de l’animation et de la diététique, Nadège Coulet, directrice chez NC MEDIAS, a été une des participantes aux conférences proposées. Elle a accepté de revenir pour nous sur son métier, sa passion pour le sport et porte son regard sur l’horizon Paris 2024.

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nadege-coulet1°) Madame Coulet, pouvez-vous nous expliquer votre métier en quelques lignes ?

Je travaille dans la communication, et plus spécifiquement, dans les relations presse depuis 17 ans. Même si cela dépasse ce cadre (car j’ai aussi des missions en relations publiques, community management, opérationnel presse sur des événements), mon titre principal est attachée de presse. L’objectif de mon métier est de faire connaître un événement, une marque, une entreprise, un produit, un sportif auprès des journalistes en leur communiquant les informations nécessaires (communiqué, dossier de presse, phoning) et en organisant des rendez-vous (rendez-vous informel, conférence de presse, voyage de presse, présence sur événement, …). J’officie essentiellement dans le sport (90% de mon activité) et travaille soit en individuel auprès de clients, soit en m’associant avec d’autres freelances, soit en collaborant avec des agences de presse, des agences de marketing sportif ou des agences événementielles.

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2°) Qu’est ce qui vous a conduit à choisir cette profession ?

A la fin de mes études, j’hesitais entre STAPS et une école liée à la communication. J’ai finalement opté pour un DUT Information – Communication option publicité / marketing et ai fait un premier stage à la fin de mon DUT à la Fédération Française de Handball. J’ai par la suite fait une 3ème année d’études (DEESCOM à Efficom) où j’étais en alternance dans un club de handball en tant que responsable communication. A l’issue de ma 3ème année, un poste d’attachée de presse / communication s’est libérée à la fédération française de handball. La fédération s’est petit à petit professionnalisée et je me suis orientée plus spécifiquement vers les relations presse, notamment en étant attachée de presse des équipes de France de Handball. Donc, finalement, ce n’était pas l’orientation que j’avais forcément imaginée avant d’entreprendre mes études mais cela correspond finalement à mes attentes : joindre ma passion du sport à la communication. Le métier d’attachée de presse dans le sport m’a plu de suite : travailler avec les journalistes, évoluer dans un milieu sportif, développer du relationnel. De plus, le sport est un domaine spécifique dans les relations presse car on y vit des moments inédits et on partage des sensations fortes avec l’ensemble du monde qui gravite autour que ce soit le public, les sportifs, les partenaires, etc…

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3°) Qu’est-ce que l’engagement dans le sport vous a apporté ?

Les relations presse dans le sport sont un domaine spécifique. J’ai joué pendant 15 ans au handball et je pense que j’ai pu développer les valeurs « esprit d’équipe, partage, solidarité, dépassement de soi, persévérance » dans mon métier. En s’engageant dans le sport, on vit des moments exceptionnels que l’on partage avec beaucoup de personnes et toutes les rencontres sont enrichissantes : le sport est universel et on peut le partager quel que soit son parcours, son origine, sa nationalité, son niveau social, son handicap. J’ai vécu et vis encore des moments extraordinaires à travers le sport et pour rien au monde, je ne souhaiterai quitter ce milieu.

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4°) Pouvez-vous nous présenter NC Medias, la société que vous avez créée ?

NC Médias est une société (de forme SASU) créée en septembre 2016 ; initialement, j’avais déjà créé ce domaine à l’été 2014 quand j’ai décidé de me lancer en auto-entrepreneur. Arrivant aux limites de l’entrepreneuriat, et suite au succès rencontré en tant qu’auto-entrepreneur, j’ai changé de statut en 2016 et suis donc directrice de ma société. Pour le moment, je suis la seule et unique membre de ma société que ce soit à la direction ou en tant que salarié. A court terme, je n’imagine pas embaucher étant donné que je peux collaborer aussi avec des gens ayant le même statut que moi ou prendre des auto-entrepreneurs. Mais à long terme, on verra en fonction de la santé de société.

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5°) Le sport en France évolue progressivement mais n’atteint pas encore en terme de communication ou de marketing l’impact des pays anglophones. Que faudrait-il pour faire évoluer les choses et les mentalités ?

En France, nous n’avons pas encore cette culture du sport qui existe dans les pays anglophones mais également dans des pays comme l’Allemagne même si cela a beaucoup évolué en quelques années. Dans les pays anglophones, les gens voient le sport comme si c’était un spectacle, entre amis, en famille ; il s’agit d’une véritable sortie où tout est prévu autour pour profiter de cela (restaurants, animations, etc…). En France, il y a des pics sur certains événements organisés en France et essentiellement sur certains sports majeurs comme le football. On y arrive petit à petit et quand une nouvelle Arena sort, les réflexions sont désormais envisagées dans ce sens et on n’hésite pas à mêler divers univers (exemple : AccorHotels Arena, U Arena, Arena d’Aix en Provence …)

D’autre part, nous manquons également d’infrastructures qui ne permettent pas à tous les sports de se développer, d’attirer des licenciés, etc… Quand certains sports bénéficient d’une belle exposition (suite à des résultats positifs des Français ou d’une communication bien exploitée d’un événement organisé en France), il arrive qu’on ne puisse pas répondre à la demande des pratiquants. Il faut savoir composer bien souvent pour trouver des stades ou des gymnases dans toutes les disciplines sportives. Le budget consacré au sport (et à la culture) dans les collectivités et les municipalités n’est pas forcément celui auquel on accorde assez d’importance et pourtant l’accès au sport est essentiel. Malgré tout, attention, je nuance, je ne dis pas que rien n’est fait car l’Etat, les régions et les villes travaillent énormément là-dessus (travail auprès des jeunes, aide dans les quartiers défavorisés, etc…) ; cette prise de conscience arrive peut être beaucoup plus tard que d’autres pays où la pratique du sport est ancrée dès le plus jeune âge.

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6°) Quel impact vont avoir les Jeux Olympiques de Paris 2024 sur le monde de la presse selon vous ?

Avant d’y répondre, avant tout chose, travaillant dans le sport depuis plus de 17 ans et étant une amoureuse et passionnée des sports en général, je ne peux être qu’une fervente partisane des JO de Paris 2024. Les Jeux Olympiques sont un événement attendu par tout sportif, c’est un Graal d’y participer et d’y remporter une médaille. De plus, il s’agit d’un événement rare où chaque nation est derrière ses champions, quel que soit le sport, et qui permet enfin de mettre en avant toutes les disciplines. Cela permet une communion entre toutes les nationalités et apporte aux spectateurs des émotions fortes et permet d’oublier les moments difficiles.

Sur le monde de la presse, il y aura forcément un impact financier que ce soit pour la presse écrite, les radios, les tv, le web car les annonceurs vont être nombreux à vouloir communiquer et profiter de cet événement pour se mettre en avant, et ce même s’ils ne sont pas partenaires officiels des JO. D’autre part, les Français vont vouloir vivre les Jeux aussi en suivant tout ce qu’il se passe dans les médias ; donc cela aura aussi un impact sur les audiences des médias. Enfin, du côté des relations presse, nous allons être nombreux à solliciter les médias durant cette période, que ce soit les fédérations qui vont vouloir profiter de cette échéance pour se développer (une médaille olympique dans un sport a toujours un impact positif sur l’augmentation de licenciés), ou encore les marques, les sportifs, les agences, … Il ne faut pas occulter aussi le monde des réseaux sociaux.

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7°) Quelles sont selon vous les clés d’un évènement réussi, spécialement dans le sport ?

En tout premier lieu, je dirais l’affluence. Un évènement est avant tout réussi si le public a répondu présent d’autant que c’est ce même public qui va procurer l’ambiance d’un événement, qui va mettre l’ambiance, … Bien évidemment, il faut que ce public soit fairplay et que toutes les personnes ensemble puissent assister à un événement sans débordement et dans une ambiance bon enfant.

Dans un second temps, je dirais la répercussion de l’événement dans le pays organisateur et à l’international ; il ne suffit pas que cela soit rempli. Il faut que les gens puissent se souvenir de cet événement, en parler positivement et qu’il ait un impact sur les personnes qui ne connaissaient pas l’existence de l’événement. D’où l’importance des messages véhiculés par la communication et les relations presse.

Enfin, plus spécifiquement dans le sport, quand la nation organisatrice remporte à domicile un titre de champion, c’est le Graal pour tout organisateur !

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8°) Vous venez de participer à un salon sur les rencontres des métiers du sport avec l’Etudiant et l’UNSS. Quel regard portez-vous sur ce moment d’échanges et de partage ?

Il est important de pouvoir parler de son métier, des débouchés et de son parcours à des parents et étudiants encore en pleine incertitude sur leur choix d’études. Car il y a forcement une différence entre ce que peut imaginer ce que peut être tel métier ou telle école et ce qui est la réalité. cela ne peut donc être que positif. A l’issue de ces rencontres et des questions, des parents sont venus avec leur enfant pour poser des questions plus spécifiques sur tel métier, telle formation, … Et quand on voit l’affluence à ces rencontres, on voit que cela est important pour tous. Je remercie donc l’UNSS de m’avoir permis de peut être contribuer à réorienter des étudiants dans leur choix.

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LIENS :

 

https://unss.org/blog/lunss-au-kidexpo-avec-e-sante/