À la une - juin 14, 2018 9:08

Marine Costabadie : «Pour une pratique féminine sans complexe »

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A l’occasion du SISAF (Salon Internationale du Sport au féminin) qui a lieu du 15 au 17 juin à la Porte de Versailles, Marine Costabadie, responsable communication de l’évènement a répondu nos questions sur la tenue de cette première édition.

 

1°) Pourquoi avoir créé le salon du sport au féminin?

 

Organisateurs de raids féminins depuis près de 20 ans, nous avons constaté que la pratique sportive se développe de plus en plus chez les femmes et les jeunes filles ; qu’elles cherchent de plus en plus des sports plus engagés physiquement ; qu’elles s’intéressent de plus en plus à des sports autrefois réputés masculins…
Bref le sport au féminin est en plein essor mais il faut encore l’encourager davantage. Il faut aussi leur permettre de découvrir LE sport fait pour elle, celui dans lequel elles s’épanouiront, dans lequel elles y trouveront un véritable intérêt, autre que celui de faire du sport parce que c’est bien pour la ligne!
Hors, pas simple de pousser la porte d’un club ou d’une association pour demander à tester une discipline : peur d’être jugée, de se mesurer directement à des experts/tes, d’être ridicule en n’ayant pas l’équipement de rigueur…

 

2°) Quel est l’objectif de ce salon qui se déroulera sur 3 jours?

 

Le SISAF est l’occasion justement de venir tester plus de 30 disciplines sportives : des plus douces (gym swedoise, yoga) aux plus physiques (sport de combat, bmx). Le salon est une grande salle de sport où l’on vient pratiquer sans complexe, sans esprit de compétition… juste pour le fun, s’amuser, se défier pourquoi pas si l’on est déjà sportive ! Le salon permet aussi d’emmener ses amies, ses copines à la découverte de son sport, de sa passion. Là elles pourront tester, découvrir, s’initier… plus simple à faire que lors d’un entraînement en club. Pour encourager la pratique d’une activité physique chez les filles, inutiles de les faire arpenter les allées d’un salon pour repartir avec des tonnes de flyers… la motivation s’envolera dès les portes du salon passées. Il faut permettre aux public des tester, de s’initier… les sensations, elles conduiront certainement à une inscription ensuite dans un club ou une association.

 

Le Salon sera également l’occasion pour les sportives de trouver conseils et infos en matière d’équipement, de santé, de nutrition…

 

Enfin, il mettra en valeurs nos championnes, ces athlètes qui doivent être des modèles pour les plus jeunes,  ces compétitrices qui méritent la reconnaissance de tous les passionnés de sport.

 

3°) Le sport au féminin en France ne cesse d’être l’objet d’un développement à la base. Il n’en demeure pas moins que la valorisation de l’élite féminine s’avère plus complexe en France. Comment l’expliquez-vous?

 

Tout est une question financière. Tant que le sport au féminin n’attire pas les sponsors et les mécènes : il n’est pas médiatisé. Or, plus nous montrerons d’engouement pour les performances des sportives, plus nous mettrons en valeur le spectacle du sport féminin (en le décodant : le rugby féminin par ex est bien différent du rugby masculin : moins spectaculaire mais très tactique… encore faut-il s’y intéresser de près), plus il y aura de la demande autour des pratiques sportives féminines ; plus les médias s’y intéresseront ; dès lors les sponsors aussi.

 

Et puis de nombreuses athlètes de haut niveau travaillent, ont une profession à côté de leur entraînements et compétitions… elles ne peuvent donc pas prétendre à des performances à l’égal des sportifs professionnels.

 

 

4°) Pensez-vous que Paris 2024 doit servir de locomotive pour le développement du sport au féminin en France ?

 

Paris 2024, oui… rappelons qu’à Londres 50% des médailles ramenées par la France l’ont été par des athlètes féminines !

 

Avant cela, en 2019 il y aura la coupe de monde de football féminin en France.

 

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