Actualités - octobre 5, 2018 9:00

Marc Amiotte-Suchet : «L’UNSS doit rester en phase avec le monde de la jeunesse »

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Professeur d’EPS au collège Jean-Jacques Rousseau à Voujeaucourt dans le Doubs, Marc Amiotte-Suchet a gentiment accepté de nous expliquer son rôle et sa vision de l’UNSS.

 

Bonjour Marc, pouvez-vous nous expliquer dans quel établissement vous exercez et le rôle que vous y jouez ?

Je travaille depuis 15 ans dans un collège de taille moyenne (600 élèves) à la périphérie de l’agglomération du pays de Montbéliard. C’est un établissement assez paisible dans lequel nous accueillons des élèves des quartiers résidentiels et des quelques villages alentours. J’exerce à plein temps dans cet établissement et j’y occupe aussi les fonctions de professeur principal, référent numérique et référent tablette. Je suis aussi, bien entendu, un des 5 animateurs de l’AS.

En plus de mon travail au sein de mon établissement, j’ai des missions au Rectorat dans la formation, auprès des IA-IPR et à l’UNSS en tant que délégué de district

 

En quoi consiste le travail de coordonnateur de district UNSS ?

Tout d’abord, il faut savoir que le district UNSS, dans lequel j’exerce mes fonctions, est assez important (18 AS en collège 15 AS en lycée et un district voisin avec lequel nous travaillons étroitement). J’y ai des fonctions depuis 1996, et aujourd’hui nous sommes 3 à nous partager le travail sur le district collège. Nous nous répartissons les tâches parce que nous avons un certain volume de pratiquants. Si l’Académie de Besançon est une des plus dynamiques de France, le district de Montbéliard est l’un des plus dynamiques de l’Académie.

Une des particularités de ce district tient au fait que nous ne gérons pas les mêmes choses que les délégués des autres districts, en l’occurrence, nous ne gérons pas de budget, nous travaillons étroitement avec le Directeur Départemental qui a cette charge.

Etant un district urbain, les frais de déplacement sont faibles pour les AS qui peuvent prendre les transports en commun et les collectivités locales nous donnent accès à toutes les installations gratuitement et en priorité le mercredi après midi, ce qui est une chance inouïe.

Dans ces conditions, compte tenu du nombre d’AS et de la disponibilité des installations, nous organisons des rencontres tous les mercredis ou presque, avec plus d’une activité au programme chaque mercredi.

Ces avantages nous permettent de nous consacrer à ce qui est pour moi le coeur du travail d’un délégué en lien avec le projet UNSS national : comment élaborer et mettre en oeuvre un projet de district qui fédérera toutes les AS et permettra à un maximum d’élèves de pratiquer une activité sportive au sein de son AS et de l’UNSS.

Mon travail est donc un travail d’écoute, de recensement des avis, de collaboration puis de mise en oeuvre avant de revoir les collègues pour dresser un bilan des actions que nous avons menées.

L’élaboration du projet est à la base de tout, mais ce sont les mises en oeuvre pratiques qui occupent le plus clair de notre temps : création des calendriers, planification des rencontres, organisation des journées et réservation des salles, gestion des résultats, publication des palmarès, communication avec la presse et les collègues.

 

Comment appréhendez-vous l’année qui débute au sein de votre établissement et plus globalement sur le département ?

Je suis confiant en ce début d’année pour plusieurs raisons :

Dans mon établissement, je travaille avec quatre collègues qui partagent avec moi un avis consensuel sur ce qu’est une AS et comment l’animer et qui -sans se prendre au sérieux- fournissent un travail d’une grande qualité. En clair, on s’entend vraiment bien, on travaille dans une excellente ambiance. Partant de là, tout coule de source.

Près de la moitié des 600 élèves du collège sont licenciés et pratiquent réellement au sein de l’AS avec un bon tiers des élèves qui participe aux compétitions UNSS.

Nous avons une des AS les plus dynamiques du département en nombre de participants même si depuis quelques années, les performances de nos équipes sont un peu moins bonnes.

Sur le département, le projet du district est partagé et accepté par toutes les AS. Il propose un cadre fédérateur qui rassemble, tout en laissant aux AS la possibilité de mener leurs actions propres. D’ailleurs, nous affichons  aujourd’hui des projets d’activité qui sont des émanations de projets de certaines AS qui ont été présentés puis adoptés au niveau du district, voir du département.

Cette année, nous allons tenter de faire avancer les lignes sur les projets éducatifs santé en faisant le lien entre certaines actions que nous proposons dans le cadre des rencontres UNSS et les projets d’AS pour inciter les collègues à prendre cette dimension en compte dans l’élaboration de leur projet.

Vous êtes un spécialiste de l’informatique. Comment cela se matérialise t-il dans votre travail au quotidien de professeur et au sein de l’UNSS ?

Il y a à mon sens deux postulats de départ à prendre en compte pour aborder la question de l’utilisation d’outils numériques :

  1. Les élèves que nous avons aujourd’hui ne pourront pas échapper aux environnements numériques.
  2. L’utilisation réfléchie de ces outils apporte une vraie plus value pédagogique.

Déclinés, ces deux postulats mettent fin à la bagarre qui veut souvent qu’on n’utilise pas l’informatique pour l’informatique, mais comme un outil… Je m’inscris en faux dans ce débat, il faut bien que nos élèves apprennent à  trouver, manipuler, extraire, archiver, envoyer, partager, et il faut en plus que ces actions aient un vrai sens et leur permettent de mieux gérer et/ou apprendre.

Aujourd’hui dans mon établissement, je fais un usage assez large des outils numériques (nous disposons de classes mobiles), j’ai dépassé le stade du simple gain de temps parce que les outils mobiles numériques en général permettent des activités, des organisations, des choix pédagogiques qu’on ne peut pas mettre en oeuvre de la même manière si on n’en dispose pas.

Comme le souligne un rapport de l’OCDE sur l’usage des outils numériques : (ce rapport met en avant le fait que le simple équipement des établissements ne conduit en aucun cas à une amélioration des performances des élèves) quid de la pédagogie du XX° siècle confrontée aux outils du XXI° siècle ?   Il y a tout un champ professionnel à investir et à inventer au regard des possibilités des outils d’aujourd’hui, alors j’investis et j’invente au mieux de mes possibilités.

Concrètement, il est beaucoup plus facile de proposer des parcours individualisés aux élèves avec ces outils parce qu’ils permettent de récupérer, de traiter et de restituer de l’information rapidement de manière claire et explicite et souvent personnalisée.

Au sein de l’UNSS, le champ d’intervention est bien différent de celui de mes cours d’EPS dans lesquels je garde une totale liberté d’organisation.

De plus, les habitudes des uns et des autres ne sont pas les mêmes. Il est plus facile d’arriver à un consensus au sein d’une équipe de 6 personnes dans un établissement que dans le cadre d’un district de près de 100 collègues.

 

Si on ajoute à cela que la structure UNSS ne propose aucun outil pour faciliter le travail des délégués et impose l’utilisation d’OPUSS qui n’est qu’un outil de recensement pas du tout adapté à votre fonctionnement, on en arrive logiquement au développement d’outils propres à votre secteur que je développe toujours souvent en collaboration avec le DR et/ou les collègues qui portent les projets en question.

L’UNSS ne cesse de se développer au niveau national. Quel regard portez-vous sur cet aspect des choses et que pensez-vous qu’il faille encore développer davantage ?

La notion de développement est un peu large à définir.  Si par développement, on entend que de plus en plus d’élèves adhèrent et participent, je ne peux que m’en réjouir et l’ouverture sur de nouvelles pratiques permet de suivre aussi l’évolution de la société. Aujourd’hui, dans mon district, nous ne remplissons plus le stade avec les journées d’athlétisme, mais nous sommes obligés de limiter les inscriptions sur les journées RAID que nous organisons. Je pense qu’il faut que l’UNSS reste en phase avec le monde de la jeunesse, en arrivant à jongler entre continuité et innovation dans les pratiques qu’elle propose.

 

Si par développement on parle des différentes composantes amenées ces dernières années : jeunes officiels, et jeunes coach  par exemple, je pense qu’il faut arriver à faire la part des choses parce que le temps consacré par un enseignant à l’animation de l’AS est resté constant.

Former une équipe, et l’amener au plus haut niveau nécessite un réel investissement, et si les pratiques changent, je pourrais simplement changer la pratique support. Préparer une équipe de basket ou une équipe d’ultimate reste de la préparation. C’est une autre formation qu’il faut mettre en place pour les jeunes officiels et encore une autre pour former de jeunes coachs. Si dans l’esprit ces concepts ne sont pas attaquables, dans les faits, c’est très compliqué pour les animateurs d’arriver à jouer sur tous les tableaux, faute de temps.

En tant que délégué, on voit bien que très souvent les JO sont des élèves appelés au dernier moment et qu’ils ne sont vraiment formés que si l’équipe se qualifie pour des niveaux plus élevés. Il en est de même pour les jeunes coachs.

Le projet de votre district étant orienté vers la pratique d’un plus grand nombre d’élèves, on exige ni JO ni coach, mais on demande aux collègues de détecter parmi leurs joueurs des élèves qui pourraient avoir de bon profil.

 

Quant à la question de savoir s’il faut encore développer l’UNSS, se pose la question de la qualité. L’UNSS a t-elle les moyens réels de se développer de manière importante ?

Je n’ai pas la réponse à cette question, mais la recherche de la qualité ne devrait pas quitter les esprits de ceux qui courent après le développement.

 

Au niveau de votre district, quels sont les grands évènements à venir pour cette année ?

Le calendrier est définitif depuis l’AG, et nous savons quels seront les grands moments.

La JNSS a ouvert le bal, puis le cross départemental sera sans contestation la journée qui rassemblera le plus d’élèves avec environ 1200 participants.

Nous organisons aussi un championnat de France – les sports sur glace- et j’attends cet événement avec impatience pour la richesse des rencontres qu’on y fait, tant avec les collègues du secteur investi dans l’organisation, qu’avec les participants élèves ou encadrants.

Puis, nous bouclerons l’année avec deux manifestations de masse organisées sur le secteur : une journée natation relais par établissement qui a un grand succès depuis de nombreuses années et une journée raid qui monte en puissance depuis 3 ans.

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