Ambassadeurs UNSS - août 27, 2018 3:06

L’été de nos ambassadeurs – EP. 01 : Pascal Martinot Lagarde

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PML, le sourire de l’été

La frustration n’est plus. Victorieux au millième de seconde du Russe Sergey Shubenkov, numéro 1 mondial, Pascal Martinot-Lagarde a décroché son premier titre international à Berlin cet été. Pour le hurdler de 110m haies, une victoire du cœur qui récompense un ambassadeur UNSS sensible et passionné.

Juste l’espace d’un instant, le temps s’est suspendu. Déjà en larmes sans même savoir ce qu’il advenait de son sort, Pascal Martinot-Lagarde savait, sentait dans son for intérieur que cette finale 2018 des championnats d’Europe à Berlin allait marquer le fil de son histoire. A 26 ans, son potentiel était connu, reconnu mais des blessures, comme sa fracture en 2017, avaient ralenti son processus de médaillé attendu lors des grands évènements de l’été. C’est finalement à Berlin, alors que les pronostics ne jouaient pas en sa faveur que le pensionnaire du club de Montgeron allaient connaître ses plus moments en piste. « Je me suis créé un cocon performance pour me concentrer sur ce que je dois produire à l’entraînement. Cela a été un sacrifice très difficile à faire de ne voir ma famille qu’une fois par semaine en décidant de m’installer à Reims. C’est aussi cela, je pense, qui m’a donné cette énorme émotion une fois la ligne franchie », assure t-il.

Ce final, justement, restera de l’avis de tous comme un moment magique du sport. Le Russe Shubenkov, devant lors du passage de la dernière haie et l’effort plein de rage d’un PML qui se déchire pour faire la différence en passant ses épaules sur la ligne. L’attente ne sera qu’un moment d’apothéose à venir. « C’est étonnant car en passant la ligne, je sais que j’ai au moins l’argent. Et là, je suis en larmes de joie déjà. J’ai ressenti une première vague de larmes et puis après, il y a eu cette attente pour savoir qui avait gagné. Cela a été plutôt court mais quand on le vit, c’est très long. Au moment du classement officiel, je sens direct une nouvelle montée de larmes ».

Pour tout athlète, le moment se veut éphémère, magique et sans véritable contrôle sur ses émotions. L’espace de 13 secondes et 17 centièmes, PML a fructifié le travail de plusieurs mois, plusieurs années. Les passionnés d’athlétisme comprendront et percevront mieux ce sentiment où derrière cette victoire arrachée avec les tripes se trouve un travail au quotidien, une abnégation de tous les instants malgré les coups durs. « J’en ai bavé pour faire ce que j’ai fait et cette médaille d’or a confirmé plein de choses. Cela a été un sacrifice très difficile pour ma famille et cela explique mes larmes à la fin de la course », assure PML.

En s’octroyant ce titre, confirmant que la France possède une école sur les haies de référence, le natif de Saint-Maur-des-Fossés s’ouvre désormais des horizons encore plus grands pour les mois à venir : «Je sais très bien que je vais être désormais plus attendu. Mais je suis prêt à gérer et à répondre présent. J’ai une ambition sans faille. Je continuerai à dire que je ne suis pas là pour participer mais pour essayer de gagner, quitte à ce que certaines personnes pensent que j’ai la grosse tête. Tout le monde s’est habitué à ce qu’un sportif affirme juste vouloir donner le meilleur, et c’est tout. Sincèrement, je ne serai jamais ainsi même si évidemment j’ai le plus grand respect pour tous mes adversaires », poursuit-il.

Médaillé de bronze à Zurich en 2014, vice-champion du monde 2014 et 2016 sur 60 m haies, 4e à Rio aux Jeux, 4e aux Mondiaux de 2015, désormais champion d’Europe 2018, l’avenir ne peut être qu’ambitieux pour le hurdler français : «Je ressens toujours une petite frustration pour la 4e place aux Jeux de Rio. J’ai forcément l’objectif de monter sur la boite à Tokyo en 2020 », termine t-il. Désormais redevenu le leader des haies en France, PML ne compte pas s’arrêter sur sa lancée. Face une opposition française de premier plan (Bascou, Manga, Belocian, Darien), il sait que le moindre relâchement pourrait amener des déconvenues. Mais un champion averti en vaut deux, Pascal en est bien conscient : «rien n’est jamais acquis et écrit à l’avance, c’est aussi ça la beauté du sport ».

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