Actualité des Athlètes - juillet 16, 2018 5:07

Laurent Petrynka : «Un grand merci »

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Un brin de nostalgie a accompagné la fin de la saison à l’UNSS. Après huit années à la direction de la fédération sportive scolaire, Laurent Petrynka quitte son poste après avoir été nommé inspecteur général de l’Education Nationale. Il nous fait la gentillesse d’une dernière interview en tant que directeur national sans omettre de dire qu’il gardera toujours un regard tendre et affectueux envers l’UNSS.

 

Laurent, 8 années à la direction de l’UNSS. Quel regard portez-vous sur cette période ?

Au moment d’un départ, ce qui est le plus important, ce sont les relations humaines. C’est-à-dire d’avoir travaillé avec 350 personnes, à la fois, les secrétaires, les comptables et les directeurs adjoints, régionaux, départementaux. La première chose qui me revient est de me remémorer la compétence des gens, leur sympathie, leur mobilisation, leur énergie au service du sport scolaire. J’ai vraiment envie de leur dire un grand merci. Très clairement, ce sont des gens remarquables avec qui j’ai beaucoup échangé et auprès desquels j’ai énormément appris. Ensuite, les choses qui me viennent spontanément à l’esprit, ce sont tous les projets que nous avons mené dans différents secteurs et notamment les projets phares, hors championnats de France, dont nous sommes tous très fiers, comme les JIJ, la Lycéenne, les championnats du monde, les Jeux de l’UNSS et tant d’autres.

Si on entre plus dans le détail, il y a ce qui est qualitatif et quantitatif. Le côté quantitatif est assez simple puisque l’un des grands défis était d’inverser la courbe des licences. En 8 ans, 20% d’augmentation à ce niveau pour atteindre 1 187 289 licenciés. Je pense qu’il n’y aucun équivalent dans les autres fédérations. Après, sur l’aspect qualitatif, on a fait le maximum pour atteindre au profond de cet aspect des choses. On a toujours essayé de faire transmettre à la structure de rendre et de délivrer des évènements dans les meilleures dispositions possibles (accueil, podium, aspects sportifs). L’UNSS s’est aussi nettement améliorée sur l’aspect communication. Elle partait de très loin de ce point de vue là et nous avions clairement un déficit d’image. Il existait un paradoxe puisque le nom UNSS était connu mais elle gardait une image un peu vieillotte. C’était l’un de nos grands défis afin de redonner auprès des jeunes une image plus dynamique.

 

On se rend compte que tout au long de ces années, l’UNSS a fait de la mixité une de ses priorités. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

On croyait que c’était la Lycéenne notre étoile, mais la Mahoraise avec 4500 filles présentes à Mayotte, c’est le symbole parfait de ce que nous voulons mettre en place. Avec les filles, il fallait beaucoup d’énergie car on se devait de convaincre. Et ce n’est pas évident dans le milieu du sport car les gens disent comme y a du sport pour les filles et les garçons, alors on fait. Or, on se rendait compte que cela ne suffisait pas. On a mis en place une politique de recrutement des cadres féminins, des formations des professeurs d’EPS sur les filles qui restent encore à développer. On a créé l’évènement phare avec La Lycéenne qui va être amené à se développer encore davantage dans différentes régions françaises mais aussi devenir européen soutenu par la commission européenne. On a aussi fait, malgré des réticences, à faire en sorte de faire des sports en parité ou en mixité (VTT, Cross, course d’orientation). Evidemment, il faut que sportivement cela soit possible à mettre en place. Par exemple, en rugby, on ne va pas faire jouer des cadets avec des cadettes. On doit faire très attention à ce problème lié à la morphologie physique.

 

Avec 1 187 289 licenciés, pensez-vous que l’UNSS a atteint un niveau de licenciés difficile à dépasser ?

Je ne suis pas du tout inquiet sur ce sujet. Il existe une marge, en lycée professionnel, en lycée. On doit faire mieux aussi dans l’étalement des créneaux horaires de l’AS. Le mercredi, c’est bien, mais il faut l’ouvrir tous les midis, tous les soirs. Evidemment, on va dire qu’il faut des professeurs d’EPS pour encadrer tout ça mais on peut éventuellement le faire sur des heures supplémentaires ou trouver des modalités avec les clubs, associations sportives de façon à ouvrir des créneaux communs. L’offre doit être plus générale.

 

Si on devait ressortir un moment dans ces huit années. Lequel serait-il ?

En fait, il y a mon arrivée et mon départ. L’arrivée se fait dans un contexte particulier puisque je remplace une équipe très compétente mais ancienne, un peu effrayée par la nouveauté. Du coup, ils ont réussi à être convaincus qu’on pouvait avancer tout en respectant la tradition et la modernité. La sortie, c’est un moment très particulier car j’ai reçu des témoignages d’affection profonds et clairs. Cela m’a évidemment fait très plaisir. Sinon, sur les séquences d’émotion, je garde à l’esprit celles de masse. Quand on voit autant de jeunes qui débarquent sur un évènement, comme les Mureaux avec 3500 licenciés, je trouve ça magnifique.

 

Beaucoup de discussions ont souvent lieu sur la place du sport en France et dire que notre pays n’est pas un grand pays sportif. Partagez-vous ce point de vue ?

La France restera basée sur son histoire et sa culture qui est la dichotomie entre le corps et l’esprit. Cela a fondé notre pays. Lutter contre ça est très compliqué. Ce qui est quand même très positif aujourd’hui, c’est que quelque soit le niveau de discussion, président de la Républiques, ministres, les gens qui sont les décideurs publics hors sport, ils sont tous convaincus des choses sur l’aspect social. Malgré notre histoire, il existe aujourd’hui une très grande unanimité des grands décideurs. Après la difficulté, c’est de mettre en cohérence un discours avec la réalité des choses. C’est-à-dire, comment faire plus avec des gens dont on ne comprend pas toujours ce qu’ils veulent. Par exemple, certains veulent jouer en club, d’autres comme ça. Les envies des jeunes et anciens, ce n’est pas toujours évident de leur proposer la bonne offre.

 

On évoque toujours le développement d’offres, de concepts sportifs mais on a toutefois un problème souvent d’ordre structurel avec des manques d’équipement. Est-ce aussi votre avis ?

On se rend compte que certains endroits ont des structures de très bon niveau et d’autres où c’est plus complexe. Cela coûte évidemment très cher et cela demandera du temps.

 

Vous avez été nommé inspecteur général de l’Education Nationale. Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste ce poste ?

La mission de l’inspection générale est très claire. C’est une mission nationale rattachée directement auprès du ministre et est en charge de deux choses. L’évaluation des politiques publiques (elle émet des rapports sur ce que demande le ministre) et l’aide à la mise en œuvre des politiques publiques auprès des recteurs, des corps d’inspection afin de donner des conseils.

 

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