À la une, Actualités, Ambassadeurs UNSS - novembre 22, 2018 9:00

Interview de Souad Soulimani, journaliste et conseillère d’Estelle Yoka Mossely

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A l’occasion du salon européen de l’éducation, Souad Soulimani, gestionnaire d’image d’Estelle Yoka Mossely, championne olympique de boxe, a gentiment accepté de nous expliquer en quoi consistait ce métier. Focus intéressant sur le métier d’agent images.

 

1°) Souad, en quoi consiste votre rôle de gestionnaire d’image d’Estelle Yoka Mossely ?

 

Plus que de la gestion d’image avec la championne olympique Estelle Yoka Mossely, je m’efforce de l’accompagner dans chaque étape des projets qu’elle mène : sportif, professionnel ou actions sociétales. Nous travaillons en étroite collaboration, quotidiennement pour avancer ensemble sur les points qui lui sont chers. Avec Estelle, nous avons immédiatement compris ce qu’elle souhaitait : être une athlète accompli, une jeune maman engagée et une femme active (ingénieur de métier) qui poursuit son apprentissage. Aujourd’hui, je centralise les demandes, organise le planning pour qu’elle puisse pleinement s’entraîner et en même temps répondre aux médias ou différentes actions de terrain. On essaie de trouver ensemble le meilleur équilibre pour elle qui depuis Rio est devenue une personnalité publique aimée et soutenue.

 

2°) Comment avez-vous été amenée à devenir la conseillère de la championne olympique sur ce sujet ?

 

Je suis journaliste de formation. J’ai longtemps suivi et écrit pour les sports de combat. Je suis particulièrement engagée dans le développement du Noble Art, notamment dans les quartiers mais aussi sur la question du leadership au féminin. MediaSpoliS que j’ai fondé il y a quelques années allie les deux : la production de contenus et l’accompagnement stratégique dédié à l’empowerment au féminin. Nous nous sommes rencontrées avec Estelle, avons échangé sur ses attentes, ses ambitions et ses projets. J’ai pu la découvrir notamment avec l’écriture de son livre “Maman t’écrit” (édition MediaSpoliS) qui a nécessité des heures d’entretiens et un vrai rapport de confiance qui nous permet aujourd’hui encore de poursuivre la collaboration et de travailler sur des projets autour du sport au service de la société.

 

3°) Gérer son image est devenue une priorité absolue pour les sportifs. Comment le-faîtes vous au quotidien ?

 

L’image d’un sportif est déterminante tant sur le plan des performances que sur celui du “sport business”.

Avec Estelle, on arrive à prendre du recul sur les demandes, les trier et répondre autant que possibles à celles qui restent dans notre feuille de route. Nous la soulageons au maximum de manière à ce qu’elle soit pleinement concentrée sur sa reprise de carrière chez les professionnels et son objectif qui la ferait encore entrer dans l’Histoire de notre sport : devenir la première championne olympique française de boxe à devenir championne du monde professionnel.

 

4°) Les réseaux sociaux ont apporté un changement radical dans la communication globale. Comment gérez-vous cet aspect des choses?

 

Les sportifs en général sont connectés. Ils vivent avec les réseaux sociaux comme outils de communication et de diffusion. C’est aussi une manière pour eux de s’exprimer et de fédérer autour de leur performance. Ils y reçoivent de nombreux messages. Il est vrai qu’on peut considérer dans une certaine mesure que les réseaux sociaux sont un media à part entière. Nous avons la chance d’avoir un public et des supporters qui suivent Estelle qui sont particulièrement bienveillants et passionnés. Estelle ne s’exprime pas sur les polémiques et se concentre sur la transmission de sa passion pour le sport. Elle utilise les réseaux sociaux pour partager principalement ses moments d’entrainements, parfois de vie et les nouveaux défis qu’elle se fixe. Nous gardons la main sur la communication globale et nous efforçons de répondre le plus clairement possible sur les interrogations des uns ou des autres. Nous bénéficions également de la plateforme de l’Equipe, l’intégralité des combats d’Estelle Yoka Mossely y sont diffusés et nous tenons particulièrement à cet axe de démocratisation du sport féminin.

 

5°) On dit souvent qu’une bonne communication pour un sportif ou une sportive se veut prépondérant pour exister. Selon vous, faut-il en faire beaucoup ou être plutôt malin dans la façon de communiquer pour un athlète ?

 

Les athlètes nous font vibrer. Ce sont des super héros et super héroïnes qui s’entraînent dur toute l’année, souvent depuis au moins une décennie pour nous faire rêver. Je suis incapable de monter sur le ring et j’ai moi-même un petit garçon. Voir Estelle s’emparer de la médaille d’Or à Rio, arrêter deux années, avoir un bébé et revenir plus forte encore pour se tester chez les professionnels, c’est une grosse leçon de courage, d’humilité et d’authenticité. C’est de tout cela qu’est faite la communication d’un(e) athlète. La force du sport, c’est parler directement aux gens. Toutes classes sociales et générations confondues. C’est un langage universel et c’est une chance de pouvoir l’utiliser pour communiquer et s’ouvrir au monde sans avoir besoin de trop en faire. Alors, il est vrai que le sport business prend de plus en plus de place mais on a la chance en France d’avoir de grandes championnes bien moins payées que nos athlètes masculins et qui pourtant portent une image et des valeurs qu’on voudrait communiquer aux générations futures. Je n’ai pas la formule magique mais je crois que l’authenticité qui habite la championne olympique de boxe et qui se retrouve chez d’autres athlètes est une force dans la communication qu’il faut savoir conserver sans systématiquement chercher à faire le buzz.

 

LIENS :

 

MediaSpoliS twitter

 

https://twitter.com/MediaSpoliS

 

Le salon européen de l’Education

 

https://salon-education.com/

 

Estelle Yoka Mossely twitter

 

https://www.facebook.com/mosselyestelle/