À la une - septembre 11, 2019 4:24

Historique

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Jamais dans toute l’histoire du basket, la France n’avait battu les Etats-Unis dans une compétition officielle. En quart de finale de la Coupe du monde ce mercredi, les Bleus ont terrassé les maîtres du monde (89-79) pour s’offrir une demi-finale face à l’Argentine vendredi. Ils obtiennent du même coup leur qualification olympique pour les Jeux de Tokyo.

On n’entend d’ici les rabat-joies, les aigris qui vont nous sortir le prétexte que les USA n’ont pas envoyé leur meilleure équipe lors de cette Coupe du monde en Chine. On n’en a cure. En signant l’un des plus gros exploits de l’histoire du basket français, la bande à Nicolas Batum a tout simplement signé l’un des plus beaux moments de sport d’une équipe française sur les dernières années. Alors oui, la France n’a rien gagné et a juste ouvert la porte des demi-finales d’une compétition plus ouverte que jamais, mais la manière dont l’équipe coachée par Vincent Collet a su gérer cet évènement va longtemps être considéré comme un modèle du genre. Jamais dans ce quart de finale face à Team USA, les Français n’ont semblé perdre le fil de leur histoire. Autour d’un Fournier scoreur (22 points), d’un Gobert omniprésent (21 points, 16 rebonds, 3 contres), d’un De Colo efficace (18 points), d’un Ntilikina décisif en fin de match ou d’un Batum véritable chef de file de tout un groupe, les Bleus n’ont pas surpris, juste confirmé qu’un collectif vaudrait toujours mieux que quelques individualités.

Depuis le début de la compétition, l’alchimie française a été louée. Malgré une rencontre perdue de deux points face à l’Australie, l’ensemble avait séduit, à tel point que l’idée même de battre les USA devenait réaliste dans l’esprit des joueurs. Le discours était le même, jouer sa chance à fond et croire, que la performance ou l’exploit suivant l’appréciation que l’on en fera, était possible. A force de se persuader d’une issue favorable, les Bleus ont conduit leur match de façon linéaire. 18-18 à la fin du premier quart-temps, 27-21 dans le deuxième, l’avance de six points à la pause reflétait bien la domination tricolore notamment aux rebonds et dans la gestion du ballon où les Bleus n’affichaient que deux pertes de balle. Le troisième quart-temps allait donner un peu plus de sueurs froides. Dans le sillage d’un Donovan Mitchell, auteur de 29 points, les Américains remportaient le quart-temps 27-18 afin de virer en tête à l’attaque des dix dernières minutes. Un cinq français (De Colo, Fournier, Ntilikina, Batum, Gobert) allait tout bonnement cadenasser le jeu intérieur et n’offrir que des miettes offensives à leurs adversaires tenus à 13 points dont 4 inscrits sur lancer-francs. Totalement maîtres de leurs nerfs et surtout lucides dans les moments chauds, les Bleus s’imposaient 89-79 pour une rencontre qui marque une génération.

Malgré la légitimité de vouloir fêter cette victoire, la sobriété des Bleus trouvait écho dans les propos du leader offensif, Evan Fournier : «Nous sommes forcément contents mais nous n’avons rien gagné. Notre objectif est de se mettre le ventre par terre pour décrocher quelque chose et pourquoi pas le titre mondial dimanche prochain. Mais pour ça, chaque chose en son temps et il ne faut surtout pas s’enflammer ! ». De la sobriété dans les propos qui reflète totalement l’état d’esprit d’une équipe si plaisante à voir jouer. Le prochain rendez-vous des Bleus aura une saveur bien différente. Une demi-finale face à l’Argentine, la surprenante Albiceleste, qui promet d’être un tout autre menu à la disposition des Bleus vendredi à 14h. Une chose est sûre, cette équipe verra Tokyo en 2020 et n’a pas fini de nous offrir des frissons. Et ça, on adore !

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Coupe du monde basket 2019

Crédit photos : Icon Sport