À la une - octobre 15, 2018 9:00

Frédéric Potier : «La DILCRAH est le partenaire naturel des acteurs de la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti LGBT »

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Le prix ETHIC’ACTION s’adresse à toutes les associations sportives affiliées à l’UNSS et à pour but de valoriser les projets éthiques liés à « ’ AGIR ENSEMBLE AVEC NOS DIFFERENCES ». Délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT(DILCRAH), Frédéric Potier nous explique les raisons de cet engagement fort en tant que partenaire du projet.

Bonjour Frédéric POTIER, pouvez-vous nous présenter en quelques mots la DILCRAH ?

La DILCRAH est le « bras et la tête» du gouvernement en matière de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine envers les personnes Lesbiennes, Gays, Bi et Trans.

Rattachée au Premier Ministre, la DILCRAH est chargée de concevoir, de coordonner et d’animer la politique de l’Etat en matière de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT. Elle exerce un rôle de conseil et d’animation auprès des différents ministères et notamment celui de l’Education Nationale, de l’Intérieur, de la Justice mais aussi de la Culture, des Sports, de Numérique, de l’Outre-mer, etc. Elle a notamment coordonné l’élaboration du plan d’action contre le racisme et l’antisémitisme 2018-2020 et le plan de mobilisation contre la haine et les discriminations anti-LGBT.

La DILCRAH est l’interlocutrice privilégiée des acteurs institutionnels et associatifs de défense des droits de l’homme et de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT. Je la dirige depuis mai 2017.

Pourquoi et depuis quand existe-t-il un plan interministériel de lutte contre le racisme et l’antisémitisme et un plan contre la haine et les discriminations anti-LGBT ?

Parce que le racisme et l’antisémitisme ont tué en France ces dernières années, parce qu’ils s’expriment dans la rue, sur les murs des gymnases, sur les réseaux sociaux, dans les discussions entre amis, parce que pour des millions de Français, ils se traduisent par des injures, des intimidations, des coups, des discriminations, parce que des élèves doivent quitter leur école en raison de leur religion ou de leur orientation sexuelle, parce que des jeunes ne trouvent pas de travail en raison de leur nom à consonance étrangère, parce que des femmes et des hommes reçoivent des tombereaux d’injures à cause de leur couleur de peau ou simplement parce qu’ils sont lesbiennes, gay, bi ou trans. Telles sont les raisons qui ont poussé à la création de la DILCRAH en février 2012 et à l’élargissement de son champ d’intervention à la lutte contre la haine et les discriminations anti-LGBT fin 2016.

Pourquoi avez-vous choisi d’être partenaire de l’UNSS concernant le prix Ethique ?

La DILCRAH est le partenaire naturel des acteurs de la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti LGBT, qu’ils soient issus des services de l’État, du monde associatif comme de la société civile.

La DILCRAH est donc naturellement partenaire de l’UNSS, la fédération sportive scolaire de l’Education nationale du second degré, par ce qu’éduquer contre ces fléaux est une priorité du gouvernement. Accompagner l’UNSS dans ces actions de d’éducation et de prévention, notamment avec le concours de l’ensemble de ses associations sportives locales complète notre maillage territorial. La DILCRAH est présente dans toute la France, en métropole comme en Outre-mer.  Il existe en effet, dans chaque département, des CORA (Comité Opérationnel de lutte contre le Racisme et l’Antisémitisme), présidé par le Préfet de département, composé de l’ensemble des services de l’État (police, justice, rectorat,…) du monde associatif local et de la société civile.

Quel regard portez-vous sur les différentes Masterclass organisées à travers la France toute la saison ?

La Masterclasse à laquelle la DILCRAH a assisté à Bobigny est un format à la fois original et percutant. Les occasions de réunir plusieurs centaines d’élèves, dans le cas présents issus d’établissement de Seine saint denis, pour évoquer des sujets qui passent parfois en second plan sont rares. Les questions déthique, de citoyenneté́ sont parfois abordées au cours de l’année scolaire mais traiter directement de racisme d’antisémitisme ou d’homophobie est une véritable occasion de faire comprendre aux élèves ce que sont les préjugés et les stéréotypes, les rumeurs, l’obscurantisme ou les théories du complot. Quand en plus ces moments se passent dans l’écoute, mais aussi le rire grâce à la compagnie de théâtre présente , ce sont des instants privilégiés pour faire passer un message important et ainsi cultiver la tolérance et contribuer à la promotion d’une société plus solidaire et fraternelle.

La sensibilisation, la proximité auprès des élèves sont-elles des clés pour changer les mentalités ?

La DILCRAH croit beaucoup aux actions de proximité et de micro-proximité, chaque année, elle finance près d’un milliers d’actions dans toute la France, en métropole comme en outre-mer. Des actions conçues localement, sur le terrain, par des porteurs de projets motivés pour faire reconnaître la diversité humaine et culturelle, favoriser le respect des différences et combattre le repli sur soi, encourager l’esprit critique et la résistance face à l’injustice. LA DILCRAH croit beaucoup au travail quotidien, dans la durée pour faire évoluer les mentalités et instaurer une société plus fraternelle. Cela commence dès l’école puis le collège et le lycée, car les élèves d’aujourd’hui sont les citoyens de demain.

Nelson Mandela a dit : « Le sport peut faire naître l’espoir là où régnait le désespoir ». Nous souhaitons que l’espoir et l’engagement des sportifs pour lutter contre les discriminations soient visibles pour rappeler que le sport est ouvert à toutes et tous et que ses valeurs ne composeront jamais avec la haine et le rejet de l’Autre.