À la une - novembre 21, 2016 2:27

Bouna N’Diaye : «Beaucoup de travail et de sacrifices »

Publié par

Présent au salon Européen de l’Etudant, Bouna N’Diaye, agent de joueurs dans le milieu du basket et fondateur de la société Comsport, nous a fait le plaisir d’échanger avec les jeunes présents en nombre. Du Sénégal en passant par Grigny puis vers les sommets de la NBA, l’agent de Rudy Gobert, Evan Fournier, Nicolas Batum entre autres, nous raconte cette ascension vers les sommets de la réussite.

 

1°) Bouna, pouvez-vous nous raconter votre parcours jusqu’à la création de Comsport ?

Ce fut un long parcours passionnant et semé d’embûches. Je suis arrivé du Sénégal à l’âge de 14 ans pour débarquer à Grigny dans un quartier qui ne ressemblait à rien de tout ce que je connaissais auparavant. Ma mère, toute seule, avait décidé de venir en France avec quatre frères et sœurs. Mon moteur a toujours été de me dire que les études étaient le salut pour réussir. Je n’ai jamais dévié de ce chemin car comme je le dis souvent, c’est en apprenant, en travaillant que l’on peut réussir. Rien n’arrive jamais par hasard. Il faut se donner les moyens de réussir et aller vers des chemins parfois complexes. J’ai appris, par exemple, l’espagnol en 6 mois suite à une négociation pour un joueur. Du wolof et du français, mes langues maternelles, j’ai appris ensuite l’anglais, l’espagnol et j’ai des notions de russe désormais, rien que par le travail.

 

Bouna-Ndiaye-et-Evan-Fournier2°) Vous êtes une sorte de symbole de la réussite. En regardant derrière vous, mesurez-vous tout ce chemin parcouru ?

C’est évident. Je le mesure d’autant plus qu’il y a eu beaucoup de souffrance, beaucoup d’abnégation, beaucoup de travail et de sacrifices pendant 20 ans. La plus grande satisfaction, c’est d’aller au bout de ses rêves, jusqu’à la dernière marche. Alors bien entendu, au fil du temps, on rajoute une marche pour essayer de voir encore plus haut.

 

 

3°) Justement, quand on est un agent réputé, où l’aspect financier n’est plus un problème, où se situe la prochaine marche, la prochaine étape ?

La semaine dernière, nous nous sommes réunis au sein de Comsport, ma société, afin justement d’évoquer la suite de notre développement. Je leur ai dit : «aujourd’hui, nous sommes en haut mais je regarde toujours en bas ». Cela voulait dire que la réussite actuelle ne doit pas faire oublier que lorsqu’on est en haut, on ne peut que descendre. C’est donc avec cette approche que l’on a discuté pour tenter de faire en sorte de rester en haut. On est actuellement dans le questionnement mais on va continuer à avancer, c’est une évidence.

 

4°) Vous avez réalisé une performance peu évidente. Celle de vous imposer comme un agent français dans le microcosme de la NBA, ligue fermée aussi au niveau des agents. Quel regard portez-vous là-dessus ?

Vous savez, il y a eu plein de caps difficiles à franchir. A commencer par créer une entreprise en France, celui de réussir à devenir rentable quand on sait que je ne me suis pas versé de salaire pendant 10 ans. Et évidemment, ce cap de s’installer aux USA face des agences mastodontes financièrement. Mais à chaque étape, il s’agissait de challenge à réussir. De quasi-impossible, je suis content d’avoir montré que ce n’était pas impossible. On a courbé l’échine, accepter de rentrer par la fenêtre quand la porte était fermée mais on a toujours atteint notre objectif.

 

Pape Diouf était mon mentor

 

5°) Jusqu’à 14 ans, vous viviez au Sénégal. De quoi rêviez-vous donc à l’époque ?

Tout petit, dans ma cour, je disais des choses comme « one again » en faisant croire que je parlais anglais. J’avais ce rêve américain enfoui en moi. Je l’ai réalisé car ce pays permet encore de croire en ses chances de réussir. Je ne dis pas que c’est simple bien évidemment, mais cela reste possible. Et voir un Sénégalo-français négocié le plus de volume de contrats nba lors du dernier été, c’est ça l’Amérique !

 

n'diaye5°) Quand on arrive au sommet de votre profession, a-t-on légitimement des envies d’autre chose, de nouveaux défis comme le rachat d’un club par exemple ?

Déjà, on va continuer à faire ce que l’on fait car la passion reste intacte. Quand on voit des jeunes comme Jonathan Jeanne, Sekou Doumbouya (15 ans) qui arrivent, ça devrait être du très haut niveau mondial. Maintenant, la réflexion dans le business doit être élargie. On évoque Nicolas (Batum) sur un projet avec le Paris-Levallois, si c’est le cas alors nous l’accompagnerons lui ou d’autres partenaires à reprendre un club.

 

6°) On regardait votre trajectoire, on ne peut pas nier que celle-ci ressemble à celle de Pape Diouf (ancien agent football et président de l’OM). Qu’en pensez-vous ?

Je ne l’ai jamais rencontré personnellement mais c’était mon mentor. Il ne le sait pas mais je le dis avec d’autant plus de plaisir aujourd’hui. Quand j’étais plus jeune, je le regardais et le fait qu’il n’ait pas de contrat avec ses joueurs, tout comme moi, n’est certainement pas dû au hasard. J’ai tout lu, tout vu sur lui et c’est un exemple pour moi.

 

LIENS :

L’Etudiant

Comsport