Non classé - juin 20, 2019 9:00

Benoît Lasnier : «l’USEP, comme l’UNSS, concourent chacune à leur niveau à favoriser le bien-être des enfants »

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Le 11 juin dernier a eu lieu la commission mixte nationale USEP-UNSS. Afin de revenir sur ce rendez-vous important entre les deux fédérations, Benoît Lasnier, directeur national de l’USEP, a gentiment accepté de répondre à nos questions.

 

Bonjour monsieur Lasnier, pouvez-vous nous rappeler ce qu’est l’USEP ?

 

L’Union sportive de l’enseignement du premier degré (Usep) organise des activités sportives pour les enfants de l’école publique, de la maternelle à l’élémentaire, en appui de l’éducation physique et sportive (EPS) dispensée par les professeurs des écoles. Coanimée par des enseignants et des parents, elle réunit 730 607 licenciés enfants et 42 891 animateurs adultes bénévoles au sein de 8 494 associations, ce qui en fait la 4èmefédération sportive de France. Les activités de l’Usep consistent principalement en l’organisation de rencontres sportives et associatives. Celles-ci sont proposées à la fois en temps scolaire, hors temps scolaire (le mercredi et parfois le samedi) et en temps périscolaire (durant la pause méridienne ou après la classe). L’Usep développe une pédagogie spécifique pour rendre les activités physiques et sportives accessibles à tous les enfants. La mixité garçons-filles est de règle, au même titre que l’inclusion des enfants en situation de handicap, le principe étant que les pratiques doivent être adaptées aux aptitudes de chacun. Mouvement pédagogique, l’Usep met les outils conçus pour ses rencontres sportives-associatives à la disposition de tous les enseignants et contribue à leur formation, en lien avec l’Éducation nationale.

 

La commission mixte nationale USEP-UNSS a eu lieu le 11 juin dernier. En quoi consistait-elle ?

 

Forts d’une bonne connaissance des problématiques locales, les directeurs UNSS et les acteurs de l’USEP (élus et délégués) présents ont permis d’accompagner l’analyse d’une enquête faisant l’état des lieux des relations entre nos deux fédérations, au plus proche de la réalité du terrain. De l’identification des initiatives communes à faire partager à tous jusqu’à la réflexion sur un accompagnement de nos échelons respectifs pour favoriser les relations USEP-UNSS, nos deux fédérations font le pari que la complémentarité de nos pratiques est une force pour relever le défi de santé publique auquel nous sommes confrontés.

 

Les deux fédérations ont vocation à œuvrer pour la même chose : permettre aux enfants de découvrir des pratiques sportives. Considérez-vous que les deux fédérations sont naturellement liées pour le bien de chaque enfant ?

 

L’USEP et l’UNSS sont liées en ce sens bien sûr. Historiquement même, car c’est durant les années 30 que les deux fédérations sportives scolaires de l’enseignement publique ont vu le jour sous l’impulsion du ministère de l’éducation nationale et dans un contexte tant hygiéniste que d’accès à de récentes pratiques sociales : les sports. L’OSU et l’USEP ont bien été créées durant une même période sur la base d’enjeux sociétaux identiques même si ces fédérations ont d’emblée pris deux formes différentes, ce qui est certainement lié à la distinction entre premier et second degré encore plus prégnante à l’époque. Ces différences de public scolaire et d’encadrement ont fait que les deux fédérations ont évolué depuis 80 ans avec des modalités de pratiques différentes et notamment une place différente faite à l’aspect compétitif des activités sportives. Il n’en reste pas moins que l’USEP, comme l’UNSS, concourent chacune à leur niveau à favoriser le bien-être des enfants qui font le choix d’une pratique sportive volontaire en complémentarité de l’EPS.

 

Une convention avait été signée en 2017 entre l’USEP et l’UNSS. Qu’est-ce que cela a changé fondamentalement ?

 

Cette signature s’inscrivait dans le cadre de la mise en place du nouveau cycle 3 à cheval sur l’école et le collège et nous savions que les acteurs de nos fédérations scolaires étaient bien souvent au cœur des dispositifs de liaison CM2/6ème. Elle a cependant permis de réaffirmer de manière symbolique l’importance du travail accompli par nos échelons respectifs tout en incitant à davantage de collaboration pour garantir un parcours sportif scolaire cohérent et efficace pour le plus grand nombre de la maternelle à l’université. Nous connaissions la qualité des évènementiels co-organisées par l’USEP et l’UNSS, notamment pour la journée nationale du sport scolaire, mais il s’agissait d’aller plus loin ensemble. Cela s’est d’abord traduit par l’association plus systématique des acteurs de nos deux fédérations aux plans de développement du sport scolaire. Plus récemment, cela s’est traduit par la commission mixte nationale chargée de formuler des propositions pour renforcer nos collaborations en s’appuyant sur la complémentarité de nos actions.

 

On évoque souvent en France le manque de moyens, de structures pour permettre aux plus jeunes de découvrir une pratique sportive tôt. Quel regard portez-vous sur ça ?

 

Effectivement, les moyens demeurent faibles : l’accès restreint aux installations sportives pour les primaires fait que les enseignements sont la plupart du temps organisés dans les murs de l’école avec très peu de matériel et sans locaux dédiés. C’est une situation plus courante que dans les EPLE et l’organisation des pratiques sportives des enfants ne s’en trouve pas facilitée. L’USEP agit contre cela, notamment par le biais des conventions signées avec les fédérations délégataires qui donnent accès à du matériel pédagogique adapté que nos délégations mettent à disposition des associations d’école. Nous développons aussi depuis plusieurs années des actions et ressources spécifiques pour les maternelles afin de toucher des publics de plus en plus tôt.

 

On en parle désormais à chaque occasion depuis la désignation de Paris 2024, mais trouvez-vous que cela a permis de booster le sport scolaire ?

 

Il serait hasardeux de tirer des conclusions à ce stade. On peut cependant noter que les enfants qui nous sont confiés aujourd’hui seront les acteurs des jeux olympiques et paralympiques de 2024 : athlètes, juges, arbitres, organisateurs, journalistes, spectateurs etc… il me semble qu’au-delà du sport scolaire lui-même, c’est bien l’ensemble de ses (futurs) acteurs qui a des raisons d’être « boosté » par l’évènement. Dans cette dynamique, le sport scolaire a effectivement matière à apporter une contribution déterminante à la réussite des JOP 2024 en permettant à chacun de ces acteurs d’être les catalyseurs de cet évènement planétaire.

 

LIENS :

USEP

https://usep.org/