À la une - mars 7, 2017 2:37

Anne Hidalgo : «La Lycéenne : une dynamique essentielle »

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Madame Anne Hidalgo, maire de Paris, a eu la gentillesse de répondre à quelques questions à l’approche de l’évènement du 8 mars « La Lycéenne MAIF run ». Pour la manifestation parisienne, madame la maire nous confie son plaisir de voir se dérouler à Paris ce projet qui permet de favoriser et valoriser le sport féminin.

 

Mayor of Paris Anne Hidalgo during the Ligue 1 match between Paris Saint Germain and Marseille at Parc des Princes on October 23, 2016 in Paris, France. (Photo by Dave Winter/Icon Sport)

1°) Madame Hidalgo, quel regard portez-vous sur l’évènement « La Lycéenne MAIF run » qui aura lieu le 8 mars, date de la journée de la femmeet dédiée à toutes les lycéennes qui souhaitent pratiquer une activité sportive ?

Je suis très heureuse que cette course puisse avoir lieu au cœur de notre ville, et au pied même de l’Hôtel de Ville, qui est la maison de tous les Parisiens. Je porte, avec mes équipes, la volonté de développer intensément le sport féminin et de favoriser sa pratique quotidienne. De plus en plus de femmes pratiquent différents sports en milieu urbain. La course à pied notamment est en plein essor à Paris, plébiscitée par un nombre croissant d’entre elles. Il existe encore quelques freins à cette dynamique mais nous tentons de les supprimer. La ville doit s’adapter en permanence à la pratique sportive de ses habitants et l’accompagner au plus près. Celle-ci est de plus en plus féminine, et je m’en réjouis.

La ville de Paris innove sans cesse afin d’offrir des lieux propices pour courir et faire du sport en libre accès. Elle améliore notamment son offre d’infrastructures en étroite collaboration avec le riche tissu associatif de Paris.

La Lycéenne réunira, grâce au sport scolaire, des jeunes femmes dans un cadre privilégié : un espace de respiration pour les habitants qui est en passe de devenir l’un des symboles d’une ville où l’on respire mieux, où l’on vit mieux – et notamment grâce au sport. Cette course contribue enfin à une dynamique essentielle, par laquelle les citoyens se réapproprient, au fil de pratiques conviviales et respectueuses de l’environnement, les lieux d’exception qui font l’histoire et l’identité de Paris.

 

 

2. Paris 2024 tourne sa candidature vers la jeunesse. Que vous inspire une course 100% féminine le 8 mars à Paris sachant que le sport au féminin en France peut et doit encore progresser à tous les niveaux?

Cette course est un moyen de promouvoir la pratique sportive et de favoriser l’accès à un public qui pourrait sinon se tenir – ou être tenu – à distance de ce type d’évènements.
Au même titre que les courses comme “La Parisienne”, “les 10 kms pour Elle”, ou encore la “Elle run”, qui ont lieu chaque année à Paris, ces compétitions réservées aux femmes permettent de favoriser leur accès à la pratique ou à la compétition. Et généralement les sportives qui participent à ces courses s’inscrivent ensuite dans des courses plus classiques, mixtes, et avec des thèmes différents. Qu’elles soient amatrices ou professionnelles, coureuses aguerries ou débutantes, sportives en quête de performance ou à la recherche d’un moment de loisir, toutes les femmes peuvent y trouver un intérêt.

Bien sûr, “La Lycéenne” aura une dimension symbolique particulièrement forte du fait qu’elle se déroule le 8 mars, la journée de la femme. En effet, elle porte l’idéal du sport pour tous, quels que soient le quartier, le parcours ou l’origine sociale mais, au-delà, elle promeut plus spécifiquement le sport féminin, et donc l’égalité entre les femmes et les hommes.

En outre, en réunissant des lycéennes, elle représente la jeunesse et l’espoir de construire une société en meilleure santé et plus égalitaire. Notre candidature aux Jeux Olympiques 2024 est ainsi pensée comme portée par la jeunesse et pour elle.  Il s’agit non seulement de permettre aux jeunes d’avoir un accès facilité à la pratique sportive mais aussi de porter un projet de société qui rassemble et de laisser un héritage tangible et durable, dans tous les domaines : l’emploi, les transports, la transition écologique, la culture…Les jeunes seront les premiers concernés, à Paris et dans toute l’Ile-de-France. C’est pourquoi je suis heureuse de voir le soutien qu’ils manifestent envers notre candidature. C’est pour partager avec eux que nous faisons le maximum afin de les organiser à Paris, en 2024!

 

 

3°) Avec plus de 40% de filles présentes en tant que licenciées à l’UNSS, pensez-vous que le sport au féminin ne peut voir son évolution que par un changement sociétal important, ou est-ce un problème culturel lié au regard que l’on porte sur le sport en France d’une manière générale?

Il est important de modifier le regard que nous portons sur le sport dans notre pays. Il ne doit plus être simplement considéré comme un loisir récréatif mais comme un facteur essentiel d’éducation, de discipline et d’accomplissement de soi, une source de lien social mais aussi un moyen d’améliorer son état de santé. Et donc de mieux vivre.

Aujourd’hui, trop peu d’efforts et de moyens sont consacrés à enraciner davantage la pratique sportive dans notre culture et notre mode de vie. L’école doit jouer à ce titre un rôle déterminant notamment grâce au sport scolaire. Ce dernier permet d’éveiller des vocations, de donner le goût de l’effort et le sens du collectif, il est parfois le moyen de découvrir et de s’investir dans une discipline méconnue jusqu’alors.

Le sport féminin a longtemps souffert d’une comparaison avec la pratique masculine, qui n’a absolument pas lieu d’exister. L’évolution de la place des femmes au sein de la société permet aujourd’hui une forte affirmation de la pratique sportive féminine et je m’en réjouis. Ainsi, de nombreux magazines sur le sport féminin voient le jour, des marques spécifiques, et les courses dédiées connaissent un grand succès ! S’il reste encore une marge de progression importante, la démocratisation du sport féminin est en marche dans notre pays. Au niveau professionnel, les équipes féminines affirment leur performance dans de nombreux sports comme le judo, la lutte, le foot, le rugby ou encore le handball…

La vision du sport féminin évolue sans cesse et je suis heureuse que “La Lycéenne” soit l’une des premières courses à avoir lieu sur les Berges de Seine, au cœur de Paris, dans un espace rendu aux habitants pour y pratiquer du sport. Ces jeunes femmes, en participant à cette course, incarnent à elles seules ce que nous souhaitons faire avec les Jeux olympiques et Paralympiques de 2024 à Paris : permettre à nos enfants de vivre dans une société en meilleure santé, dans un environnement plus sain, où le partage et l’échange sont des valeurs essentielles.

 

 

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